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Trottinette électrique tout-terrain : en forêt avec des sensations fortes

Trottinette électrique tout-terrain Zosh Super Sport posée sur l’herbe face à la vallée au coucher du soleil

Je vais être honnête avec vous : la première fois qu’on m’a proposé de descendre un sentier forestier en trottinette électrique tout-terrain, j’ai souri. J’ai passé des années à courir et à rouler en VTT sur ce genre de terrain, et l’idée d’y aller debout sur une trottinette me semblait au mieux gadget.

J’ai eu tort. Les sensations n’ont rien à voir avec ce qu’on imagine, et surtout, elles n’ont rien à voir avec le VTT non plus, c’est très proche de ce qu’on ressent en cani-trottinette ! C’est une autre façon de lire le terrain. Mais comme pour tout ce qui va vite en forêt, ça se prépare, et le matériel n’est pas un détail. Voici ce que je retiens.

Pourquoi la forêt change tout debout sur une trottinette tout terrain

En vélo, vous êtes assis, votre bassin est fixé, et votre corps subit une partie des chocs. Debout sur une trottinette, vos jambes deviennent une suspension supplémentaire. Vous absorbez, vous accompagnez, vous transférez votre poids d’avant en arrière selon la pente. C’est physiquement plus engageant qu’il n’y paraît, et vos cuisses vous le rappellent au bout d’une heure.

L’autre différence, c’est le regard. Vous êtes plus haut qu’en position VTT, vous voyez arriver les racines et les ornières un peu plus tôt. En sous-bois, où le terrain change tous les trois mètres, ça compte.

Et il y a un point que personne ne mentionne : en cas de souci, vous n’avez pas de cadre entre les jambes. Vous pouvez poser le pied ou sauter. C’est rassurant quand on découvre un sentier qu’on ne connaît pas.

Choisir la machine : ce qui compte vraiment

C’est là que se joue 80 % du plaisir. Une trottinette urbaine avec de petites roues n’a rien à faire en forêt, elle sera dangereuse au premier caillou.

Ce que je regarde en priorité :

Les suspensions. En dessous de 100 mm de débattement à l’avant, chaque racine remonte dans les poignets. Les machines conçues pour le terrain cassant montent autour de 150 mm à l’avant, avec de la suspension arrière en plus.

Le freinage. Des freins hydrauliques à disque, idéalement du quatre pistons, comme en VTT de descente. En forêt, on freine dans le dévers, sur du sol gras, souvent en urgence. C’est le premier poste de sécurité.

Les roues. Une roue avant large et crantée pour l’accroche, et une roue arrière robuste qui encaisse le couple.

Le moteur et le couple. En forêt, ce n’est pas la vitesse de pointe qui compte, c’est la capacité à relancer dans une montée boueuse sans patiner.

Côté fabricants, le savoir-faire français existe. Zosh, dont l’usine est implantée à Sougé-le-Ganelon dans la Sarthe, propose par exemple un modèle tout-terrain adapté aux sentiers accidentés, avec fourche FOX, freins Magura et une batterie intégrée au châssis. Le fait que la conception et l’assemblage soient réalisés en France change aussi une chose très concrète : la disponibilité des pièces détachées quand vous cassez quelque chose, et croyez-moi, ça arrive.

Pilote casqué en plein saut avec une trottinette électrique tout-terrain Zosh sur une bosse de terre en forêt

Les protections sur une trottinette électrique tout-terrain : ma liste, dans l’ordre

Je ne vais pas vous faire la morale sur le casque, vous savez déjà. Mais en forêt on ne tombe pas sur du plat lisse, on tombe sur des souches et des cailloux, avec des branches à hauteur de visage.

  1. Un casque VTT intégral ou convertible, norme EN 1078. Le convertible est le bon compromis : mentonnière en descente, ouvert dans les portions roulantes.
  2. Des gants longs. Ce sont les mains qui touchent le sol en premier, à chaque fois, sans exception.
  3. Des genouillères souples. On les oublie au bout de dix minutes et elles sauvent une sortie sur deux.
  4. Un masque ou des lunettes claires. Contre les branches basses, pas contre le soleil.
  5. Un sac avec protège-dos intégré dès que ça devient technique.

Les pieds : votre seul contact avec la machine

Sur une trottinette, tout passe par les pieds. Il vous faut une semelle qui accroche sur un plateau humide et une plateforme suffisamment rigide pour appuyer sans que le pied se déforme.

Les chaussures de trail conviennent très bien, à condition de prendre un modèle avec une accroche marquée et un pare-pierres à l’avant. J’ai détaillé les critères qui comptent dans mon classement des meilleures chaussures de trail, la logique s’applique parfaitement ici. Évitez simplement les modèles trop amortis et trop souples : vous perdez en précision d’appui.

Voir loin, et rentrer avant la nuit

La forêt devient sombre bien avant le coucher du soleil. Sous couvert dense, la luminosité chute d’un coup en fin d’après-midi.

Ma règle : deux sources de lumière, toujours. Un phare puissant sur le guidon, entre 800 et 1 500 lumens si vous roulez vite, et une frontale légère. La frontale éclaire là où vous regardez, notamment dans les virages où le phare fixe pointe encore tout droit. Elle sert aussi de plan B si la machine tombe en panne.

Le piège de l’autonomie

Voilà le conseil que j’aurais aimé qu’on me donne dès le début. L’autonomie annoncée n’est jamais celle du tout-terrain. Boue, montées, relances, faible température : selon les sorties, vous pouvez perdre 30 à 40 % de l’autonomie théorique.

Et une trottinette tout-terrain pèse lourd, souvent plus de 40 kg. Si vous tombez en panne de batterie à 10 km du point de départ, vous ne rentrerez pas en la poussant tranquillement. Vous rentrerez en transpirant beaucoup, ou pas du tout.

Donc : partez avec de la marge, prévoyez une boucle plutôt qu’un aller-retour, et gardez toujours un tiers de batterie pour le retour.

Où avez-vous le droit de rouler ?

C’est le point que la plupart des articles évitent, et c’est pourtant le plus important.

En France, la loi du 3 janvier 1991, reprise à l’article L362-1 du code de l’environnement, interdit la circulation des véhicules à moteur dans les espaces naturels en dehors des voies ouvertes à la circulation publique. Un sentier de randonnée ou un chemin forestier ne l’est pas automatiquement.

En pratique, deux cas de figure.

Si vous voulez rouler sur les chemins ouverts au public, il vous faut un engin homologué, bridé à 25 km/h, avec éclairage et avertisseur. Les règles des EDPM s’appliquent alors, dont le casque obligatoire hors agglomération et l’âge minimum de 14 ans.

Si vous voulez une machine réellement puissante, du type de celles évoquées plus haut, elle n’est pas homologuée et son usage est réservé au terrain privé, avec l’accord du propriétaire, ou aux spots dédiés. Ce n’est pas une subtilité administrative. Rouler en forêt domaniale sans autorisation, c’est une amende, et surtout c’est ce qui alimente les conflits d’usage avec les randonneurs, les chasseurs et les gestionnaires forestiers. On a tout à perdre à se griller auprès d’eux.

Le bon réflexe : repérer un terrain privé, un club ou un circuit dédié, et poser la question à la mairie ou à l’ONF en cas de doute.

Trois conseils de pilotage pour les premières sorties

  • Fléchissez les jambes et regardez loin. Comme en VTT, le regard guide la trajectoire. Si vous fixez la racine, vous roulez dedans.
  • Freinez avant le virage, pas dedans. Sur sol forestier, le freinage en courbe fait décrocher l’avant très vite.
  • Reculez votre poids en descente, avancez-le en montée. Ce transfert de masse est votre principal outil de contrôle.

Et le check de cinq minutes

Serrage du guidon et des roues, pression des pneus, plaquettes, batterie, éclairage testé, protections dans le sac, et surtout : prévenez quelqu’un de votre itinéraire et de votre heure de retour. Le réseau mobile est mauvais dans la plupart des massifs, et une chute seul, sans que personne sache où vous êtes, c’est le vrai risque de cette pratique.

Le reste, c’est du plaisir pur. Une descente forestière propre en fin de journée, la lumière qui passe entre les troncs, aucun bruit de moteur thermique : très honnêtement, ça vaut le détour.

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